Huile Végétale Carburant
Qu'est ce que l'huile végétale carburant ?
L'huile végétale carburant dit HVC, peut être utilisée comme carburant par tous les moteurs diesel,
inventé à l'origine pour ce type de carburant, sous réserve de modifications mineures visant à réchauffer le carburant en question,
ou, sans modification, en mélange avec du gazole ordinaire (30 % sur tous les véhicules, et jusqu'à 50 % selon les cas).
Elle est également la matière première brute qui sert à la fabrication du biodiesel qui est un ester alcoolique utilisé aujourd'hui comme biocarburant,
incorporé directement dans le gazole.
Procédés de fabrication
Pour obtenir de l'HVC, on peut passer par plusieurs filières :
- L'industrie de la grande consommation (la plus déconseillée, entre autres pour des raisons environnementales avec les bouteilles plastiques)
- La filière "Huiles Végétales Pures" (agricole)
- Culture d'un oléagineux (type tournesol, colza, … cf. tableau ci-dessus), préférer les variétés les plus réputées pour leur richesse en huile.
- Moisson / récolte lorsque l'oléagineux est le plus mûr possible, maximum 9 % d'humidité pour le colza (l'idéal tend vers 5 à 6 % d'humidité)
- Le recyclage d'huiles végétales usagées (dans des restaurants par exemple)
- Le terme huile végétale brute est souvent utilisé pour désigner les huiles première pression à froid obtenues dans les filières agricoles, qui ne doivent être que décantées et filtrées. Il ne s'agit pas en fait des huiles obtenues par pression à chaud dans les huileries industrielles qui, elles, nécessitent d'être raffinées avant utilisation comme carburant ou consommation.
Schéma de fonctionnement :
Les différentes huiles végétales
Techniquement, n'importe quelle huile végétale, ou graisse animale peut être utilisée comme carburant, directement
- l'huile de Cameline : La cameline, plante au fort potentiel pour la production de biocarburant "Deux chercheurs de l'"Ocean Sciences Center" de l'Université Mémorial, le Dr. Matthew Rise, Chaire de Recherche du Canada en Biotechnologie Marine, et le Dr. Chris Parrish, sont les principaux investigateurs d'une étude sur la valorisation des huiles végétales." Les scientifiques se sont particulièrement intéressés à la cameline. Cette plante, de la famille des brassicaccées, est déjà connue pour son fort potentiel oléagineux. Elle présente également l'avantage d'être facilement cultivable dans les milieux rudes. Les premiers résultats de l'étude ont démontré que ce végétal permettait de produire un biocarburant de qualité ayant un faible rejet de carbone lors de sa fabrication.
- l'huile de microalgues : offre des perspectives très intéressantes : Certaines espèces de micro-algues ont une richesse en huile pouvant dépasser 50% de leur masse. Leur croissance est très rapide : il est possible d'effectuer une récolte complète en quelques jours, ce qui n’est pas le cas du colza. Le rendement des diatomées et chlorophycées est nettement supérieur que celui des plantes terrestres telles que le colza car ce sont des organismes unicellulaires; leur croissance en suspension dans un milieu aqueux leur permet un meilleur accès aux ressources : eau, CO2 ou minéraux. C’est pour ces raisons que les algues microscopiques sont capables, selon les scientifiques du NREL (John Sheehan et al) « de synthétiser 30 fois plus d’huile à l’hectare que les plantes terrestres oléagineuses utilisées pour la fabrication de biocarburants ».
- l'huile de Pongamia pinnat : est un arbre à croissance rapide, fixateur d'azote, très résistant à la sécheresse, qui pousse en plein soleil, sur des sols difficiles, même sur des sols salés, et producteur d'huile. L'Inde encourage actuellement fortement la plantation de cet arbre (ainsi que de l'arbuste Jatropha curcas) dans les zones impropres aux cultures traditionnelles, ceci dans l'optique de produire de l'huile végétale. Les rendements moyens en huile sont de 1800 litres/ha/an la dixième année, ce qui est excellent (même rendement que le palmier à huile).
- l'huile de jatropha : Jatropha curcas, un arbuste des zones arides retient beaucoup l'attention. Demandant très peu d'eau et de nutriments, la culture du jatropha dans des régions menacées de désertification se justifie parfaitement rien que pour sa capacité à protéger le sol de l'érosion et à retenir l'eau. Le rendement en huile de la plante est de 1892 litres/ha/an en moyenne (Chisti 2007). De nombreux pays, dont l'Inde, Madagascar et l'Afrique du Sud, se lancent actuellement dans cette filière.
- l'huile de palme : L'Indonésie et la Malaisie commencent à produire de petites quantités de biodiesel avec cette matière première. Son inconvénient est d'exiger énormément de main-d'œuvre pour la récolte, ce qui rend cette filière uniquement viable dans des pays à très bas salaires. La production d'huile de palme pour le biocarburant est en ce moment massivement développée en Asie du sud-Est (Malaisie surtout) mais cela se fait au prix d'une nouvelle accélération de la déforestation pour fournir les terres nécessaires. Rendement : 5000 litres/ha/an
- l'huile de tournesol : est extraite des graines de tournesol. C'est une huile plutôt légère, très utilisée comme biocarburant; elle semble être la plus intéressante au niveau de l'écobilan. Mais elle présente la particularité de contenir plus de gomme que l'huile de colza, ce qui aura pour effet de boucher plus facilement les conduits d'alimentation en carburant. Les tourteaux peuvent être valorisés en alimentation animale, comme pour ceux du colza. Rendement moyen : 662 litres d'huile par hectare et par an.




